Théorie des jeux abstraits : la littérature
Il est une autre discipline, la littérature, qui m'a apporté des clefs dans l'élaboration du jeu de stratégie abstrait 3D. Parmi les grands écrivains et poètes, il y a Baudelaire, Nerval, Flaubert, Proust et Kafka.
La poétique de Baudelaire, fondée sur une théorie des correspondances, m'a permis de saisir la relation analogique des sensations. En effet, vision platonicienne, le symbolisme baudelérien m'a aidé à construire des figures géométriques non à partir d'éléments indifférenciés, c'est-à-dire des éléments identiques, mais à partir d'éléments différenciés, interagissant entr'eux de manière analogique. Par exemple la relation interractive entre les couleurs remplissent des fonctions...
Le grand poète français gérard de Nerval est une autre figure qui m'a aidé dans la conception du jeu. Il a poussé le dédoublement de la personnalité juqu'au solipsisme. Cette vision duelle m'a permis de me représenter au mieux le jeu symétrique. La création du jeu a nécessité dès le départ une dichotomie de l'imaginaire. Il est très difficile d'intégrer soi-même le couple identité/altérité. Le concours des autres est impératif, voire salutaire.
Flaubert est un romancier dont le style me laisse toujours perplexe. Sa conception linguistique m'a permis d'appréhender Les processus cognitifs. Le raisonnement discursif chez Flaubert s'apparente à un jeu abstrait combinatoire. L'analyse d'une phrase montre que Flaubert use des éléments de la linguistique les plus appropriés pour construire sa syntaxe. Sa vision semble épouser les schèmes hérités de l'évolution. Par exemple, bien souvent, il amorce sa phrase par deux catégories anthropologiques fondamentales ; l'espace et le temps. Les éléments physique remplissent peu à peu les deux catégories. Leur modélisation est mise en oeuvre par une stratégie linguistique inouie
Proust et le quatrième grand écrivain qui m'a aidé dans la conception du jeu. Ces phrases à emboîtements s'apparentent aux fractales à structures gigognes. Mais à la différence des structures gigognes géométriques où c'est toujours la même figure qui se décline, la phrase proustienne opère par glissement à la fois mnésique et affectif. Proust joue dans une dimension où l'expansion syntaxique tend vers une rétraction sémantique jusqu'à manquer d'air.
La rétraction affective tend vers une expansion de la mémoire.
Franz Kafka et le dernier grand écrivain qui m'a apporté des clefs à l'élaboration du jeu. Nihiliste, Nitschéen, je ne le sais pas. En tout état de cause, à la lecture de son oeuvre et de ses mémoires, j'ai découvert, à mon sens, l'existence d'un imaginaire inimitable. Peut-être s'est-il inspiré de la Thora... Kafka à concrétise l'interface de l'imaginaire. Ce n'est pas un imaginaire féérique, ni un imaginaire fantastique, ni un imaginaire de science fiction, c'est un imaginaire unique. Semblable à pythagore qui modélise la géométrie, kafka modélise le non-sens.